La physiologie chez les chiens

Les chiens et la physiologie

La physiologie

La physiologie du chien — c’est-à-dire l’étude de ses fonctions organiques — est particulièrement complexe. Cela tient à ce que son régime originel a été compliqué par le régime omnivore qu’il a acquis au voisinage de l’homme : il participe donc à deux régimes différents qui parfois se complètent et parfois se contrecarrent.

La respiration. Son importance est fonction des genres de vie et de l’utilisation des chiens. La ventilation pulmonaire sera très importante chez les chiens de chasse courants et chez les lévriers. Cette importance est due surtout à la capacité pulmonaire.

Le rythme respiratoire. La fréquence des mouvements respiratoires est plus grande chez le jeune chien et chez les races naines que chez les autres chiens.

A noter : il ne faut pas prendre pour un trouble pathologique le halètement du chien lorsque la température extérieure est élevée. Il s’agit d’un phénomène physiologique destiné à régulariser la température interne par évaporation d'eau au niveau de l’arbre respiratoire.

La circulation. Les battements du cœur sont physiologiquement plus rapides à l’inspiration qu’à l’expiration. C’est une particularité des chiens. Le débit est de 1450 cm3 de sang à la minute. La masse sanguine représente le treizième du poids du corps.

Le rythme cardiaque : le choc précordial est visible à l’œil nu à l’arrière du coude, entre la quatrième et la septième côte. Il est particulièrement visible chez les races naines.

La digestion. C’est un point particulier de la physiologie des carnivores même s’ils ont tendance à devenir des omnivores comme le chien.

Au niveau de la bouche : la mastication est inexistante chez le chien qui déglutit son bol alimentaire sans le mastiquer et surtout sans l’enduire de salive. L’insalivation (ou imprégnation des aliments par la salive) est très importante chez l’homme dont les diastases digestives salivaires attaquent les aliments pour les transformer.

Au niveau de l’estomac : c’est au niveau de l’estomac que la digestion va être réalisée car le suc gastrique du chien est le plus actif des sucs gastriques des animaux.

II est surtout très riche en acide chlorhydrique indispensable pour l’attaque des aliments d’origine carnée. La capacité stomacale peut atteindre plusieurs litres, et les aliments séjournent pendant plusieurs heures dans l’estomac.

Pour cette raison, le sommeil post-prendial est constant chez les chiens dont la muqueuse de l’estomac se congestionne particulièrement après chaque repas. De même, les vomissements qui suivent un repas trop dégluti et réingurgité immédiatement n’ont aucune signification pathologique mais peuvent être considérés comme un brassage nécessaire des aliments en voie digestion.

Au niveau de l’intestin : la digestion ne se résout qu’à l’absorption des substances alimentaires. Le transit intestinal est très rapide.

L’excrétion urinaire. Les principes physiologiques de l’excrétion urinaire sont semblables à ceux de l’homme mais ils revêtent une importance capitale chez le chien en fonction de son alimentation carnée et d’une certaine fragilité du système rénal. Il est commun de dire : « le chien meurt par ses reins ».

L’excrétion physiologique de l’urine varie entre un demi-litre et deux litres par jour. L’urine doit avoir une consistance fluide et une couleur jaunâtre clair qui peut présenter des reflets ombrés et rougeâtres. Elle a une odeur normalement désagréable, alliacée et pénétrante.

Le système nerveux. La physiologie nerveuse est en tout point comparable à celle de l’homme.

La moelle épinière a les mêmes propriétés sensitives et motrices que chez l’homme et elle est le Au niveau du cerveau les mêmes expérimentations neurophysiologiques ont été entreprises : électro-encéphalographie, neurochirurgie expérimentale, etc.

Elles ont abouti à des connaissances précises de la topographie cérébrale et des fonctions de différents noyaux.

Un grand nombre des fonctions de l’intelligence étaient déjà reconnues empiriquement, telles que l’activité onirique exceptionnelle de certains chiens.

La locomotion. Le chien est un digitigrade, c’est-à-dire qu’il se déplace sur la pointe des pieds ou sur l’extrémité des doigts. Bien que très apte à la course, son appareil locomoteur n’est cependant pas aussi spécialisé que celui des chevaux qui n’entament le sol que de I ’extrémité d’un seul doigt.

Le trot : Le trot du chien est moins mécanique et moins réglé que celui du cheval. Les postérieurs ne prennent pas la place des antérieurs sur le sol mais s’insèrent, dans l'action, entre les antérieurs en diagonale. Cette position est permise par la grande souplesse de sa colonne vertébrale.

Le galop : c’est une allure rapide qui ne correspond pas peuvent atteindre une vitesse de soixante kilomètres à l’heure, environ.

La phonation. Le chien s’exprime généralement par l’aboiement et, pour manifester son humeur, il se met à grogner. En revanche, il faut savoir que les races qui hurlent ne savent généralement pas aboyer.

L’aboiement : il est dû à l’expiration brutale d’air entraînant la vibration des cordes vocales.

Son timbre est différent selon les races considérées. Il est aigu chez certains chiens de petite taille et chez beaucoup de races de type lupoide. Il est alors souvent répété.

Le grognement : il est en général la manifestation du mécontentement et il est dû à la vibration prolongée des cordes vocales sous l’influence d’une expiration soutenue.

Le hurlement : enfin, certains chiens, les chiens courants notamment, hurlent comme les loups et quelques races sauvages. Le son est plus aigu que dans le grognement ; il est aussi plus régulier et plus long.

Les organes des sens. Si l’odorat occupe une place très importante dans la hiérarchie sensorielle du chien, la vue y tient une assez petite place, au contraire de l’homme et de nombreuses espèces animales. Il est certain qu'il y a là un élément important de sa psychologie et de son attitude mentale.

L’odorat. Les odeurs sont véhiculées par des particules moléculaires que le chien est capable de discerner à la dilution du dix millionième. Elles sont trop subtiles pour être perçues par l’homme. Le chien est un olfactif et toute la connaissance du monde extérieur lui est fournie par son odorat. Il est certain qu’il distingue au niveau du sol une odeur particulière précise, comme l’homme par exemple peut distinguer le son de la flûte dans l’exécution d’une partition symphonique.

L'ouïe. L’audition est également très développée chez le chien et constitue son deuxième sens. Son acuité auditive est remarquable. Le chien est bien plus sensible que le chat et les autres carnivores à des sons absolument inaudibles à l’oreille humaine: il perçoit, en effet, des appels sonores pouvant atteindre trente-cinq mille vibrations à la seconde. A titre de comparaison on peut dire que le chat ne perçoit que des sons de vingt mille vibrations-seconde et l’homme seulement des sons de dix mille vibrations-seconde. L’orientation de l’oreille, très rapide chez le chien, ne semble pas intervenir dans son acuité auditive puisque les chiens de chasse à oreilles tombantes possèdent une ouïe aussi fine que les chiens de berger à oreilles dressées.

Le toucher. Il peut être considéré comme le troisième sens du chien. Le chien ne perçoit et ne répond à celui- ci qu’au moyen de récepteurs ignorés de l’homme. Les organes sensitifs du toucher sont :

- le revêtement cutané, en général, bien équipé de cellules sensorielles;

- les coussinets et les tubercules plantaires particulièrement sensibles au toucher et à la chaleur.

- les moustaches ou vibrisses qui baignent dans des alvéoles sanguins aux parois très sensibles.

Elles complètent le nez et l’odorat dans l’inventaire sensible du monde extérieur. La proximité anatomique du nez et des vibrisses n’est peut-être pas totalement le fait du hasard.

Le goût : il devrait être présent chez le chien dont la langue possède des papilles caliciformes et filiformes semblables à celles de l’homme. Mais en fait, le chien néglige cette possibilité de sensation ne se fiant qu’à son nez et déglutissant les aliments avant que les organes du goût soient véritablement sensibilisés.

La vue. La vue est le sens le plus faible du chien ; plusieurs faits en sont la cause:

La vue dépend du champ visuel, qui est particulièrement limité chez le chien.

Le champ visuel est variable selon les races et selon la position de l’œil ; les chiens à face écrasée, dont les yeux sont proéminents et placés dans une position frontale (pékinois, dogues, boxers), ont l’angle le plus élevé: 83°.

Cet angle du champ visuel monoculaire tend encore à se refermer lorsque les chiens sont munis d’un nez important et long (lévriers et certains chiens de chasse ou de berger) ; il peut descendre jusqu’à 70°.