Les chiens

Les chiens

Chien de roi ou chien de trappeur, chien de berger ou chien d’aveugle, chien de chasse ou chien de manchon, chien sacré ou chien paria, le chien est partout dans l’histoire de l’homme, en compagnie duquel il semble surgir des ténèbres des origines. Il figure sur les cavernes du Tassili et dans les plus anciens temples de Chine, aux murs des pyramides égyptiennes comme aux portes du palais de Sardanapale, sur les monnaies romaines comme sur les stèles d’Épidaure. Sans lui, certaines tribus n’auraient pas survécu-, sans lui, certains peuples pasteurs n’auraient pu développer leurs troupeaux. Compagnon de l’homme, certes, mais aussi son allié le plus fidèle à la guerre et à la chasse, il fut souvent divinisé, donna son nom à des villes, et figure encore sur toutes les cartes du ciel, comme sur le blason de certaines grandes familles. C’est avec lui et grâce à lui que l’homme a patiemment créé l’art de la vénerie et, de Dürer à Renoir, de Bruegel à Courbet, toute la peinture occidentale s’est attachée à le représenter sous toutes ses formes, comme un élément de beauté, de compréhension et d’affection.

Car il y a, entre l’homme et le chien, et depuis longtemps, bien plus qu’une simple camaraderie, une véritable tendresse. Au fil des siècles, le pacte qui les liait s'est transformé en un sentiment plus profond, plus complexe qui peut se nuancer de toutes sortes d’attitudes intermédiaires, mais qui, toujours, fait intervenir le cœur. Nous savons tous, intuitivement, que le chien est pour chacun de nous bien plus qu’un animal comme les autres. Même s’il n’est pas le familier de notre existence quotidienne, le compagnon de nos promenades, l’ami de nos enfants ou le gardien de notre maison, nous avons presque toujours envers lui un comportement particulier : coup de foudre ou instinctive antipathie, il appelle une caresse ou provoque le recul. Il nous est rarement indifférent.

Depuis quelques dizaines d’années les éleveurs ont sélectionnés avec beaucoup de rigueur de nombreuses races de chien. Certaines sont admirables de grâce et d’élégance, d’autres de vigueur et d’intelligence. Mais quelle que soit sa race, quelles que soient sa beauté et la noblesse de son origine, le chien nous touche par quelque chose d’immatériel et d’indéfinissable, comme si nous partagions avec lui, depuis des millénaires, une commune espérance.

La morphologie

Caractères généraux

Comme le chat et le hamster, le chien est un mammifère de l’ordre des carnivores. Il appartient à l’immense famille des canidés dont les espèces sont si diverses qu’on a parfois mis en doute son unité. Pourtant, malgré les différences considérables de certains types, l’étude de l’anatomie, de la morphologie et de la physiologie du chien permet de dégager un grand nombre de caractères homogènes. Leur réunion conduit à obtenir une sorte de « chien moyen » qui, sans ressembler tout à fait à une race en particulier, ne s’éloigne jamais profondément d’aucune d’entre elles. Ces difficultés de description sont du reste surtout gênantes pour la morphologie canine. En anatomie et en physiologie, les différences sont beaucoup moins sensibles. Nous avons volontairement limité cette étude aux connaissances qu’il vous est indispensable de savoir pour veiller à la croissance, à la santé et au comportement de votre chien.

La morphologie

La morphologie étudie l’apparence extérieure du corps d’un animal, c’est-à-dire, selon l’étymologie même du mot, ses formes. En ce qui concerne le chien, cette description pose d’emblée un problème : la prodigieuse variabilité de l’espèce canine exige en effet qu’on ne se borne pas à l’étude morphologique d’une seule race, arbitrairement choisie, mais que l’on passe en revue un certain nombre de types, souvent fort différents. Toutefois, comme les régions corporelles n’ont pas la même appellation chez le chien que chez d’autres animaux ou chez l’homme, il est nécessaire auparavant de les répertorier en prenant pour exemple un chien sans caractéristiques particulières d’espèce ou de race.

La tête. Elle comprend la face et le crâne. Ce dernier varie selon les différentes races et il peut être ovale, arrondi ou rétréci. Cette région cranio-frontale est creusée par le sillon frontal.

Le stop ou cassure du nez : c’est la dépression visible de profil qui sépare le crâne du chanfrein ou museau. Il caractérise l’angle cranio-facial.

Les chiens de race

Le chanfrein : il part du crâne pour se terminer par la truffe ou bout du nez. Il contient les organes sensitifs de l’olfaction (cornets olfactifs).

Les oreilles : du point de vue de l’extérieur du chien, les oreilles sont àenvisager pour leur forme, leur longueur, leur port, leur attache et leur extrémité. Leurs bases sont cartilagineuses et appelées « conques ».

Les yeux : la forme des yeux dépend, en général, de la forme des paupières et du crâne et surtout de l’orientation de l’axe réunissant l’angle interne de l’œil à l’angle externe.

Les yeux peuvent être globuleux, arrondis, ellipsoïdes ou franchement en amande.

La truffe : elle termine le chanfrein vers l’avant et correspond au bout du nez du chien. Elle est composée de deux narines. Les ailes du nez sont particulièrement mobiles. A l’avant, un sillon médian sépare la truffe.

Les lèvres supérieures : elles forment les babines. Un sillon les sépare à l’avant, à la suite du sillon séparant la truffe.

Les moustaches ou vibrisses : elles peuvent être considérées comme des organes du toucher.

La crête occipitale et la nuque : la crête occipitale correspond à une saillie en arrière et au-dessus de la boîte crânienne. Surtout sensible à la main lorsqu’on la pose sur la tête du chien, elle est formée par la soudure des os latéraux et supérieurs du crâne.

Les chiennes

Le corps. Le corps du chien, du point de vue du zootechnicien, semble présenter moins d’intérêt que la tête, les membres ou la queue en ce qui concerne la définition et l’excellence des races.

Le cou : il relie la tête au poitrail et au garrot. C’est un tronc de cône court et épais chez les races brévilignes, long et courbé chez les lévriers.

L'entrée de la poitrine : cette région communément appelée poitrail correspond à l’avant du chien et à l’endroit où le cou s’insère au corps.

Les côtes : cette région est limitée en avant par l’épaule et en arrière par le flanc et le ventre.

Le garrot : il correspond à l’extrémité supérieure de l'épaule. La base osseuse du garrot du chien est l’omoplate qui peut être remarquablement saillante pendant la marche. C’est au garrot que se mesure un animal et la hauteur d’un chien est égale à la distance comprise entre la pointe antérieure de l’omoplate et le sol.

Le dos : c’est la ligne supérieure en arrière du garrot.

Les vertèbres dorsales en sont la base osseuse.

Le rein : il suit le dos. Sa base osseuse est constituée par les vertèbres lombaires. Le dos et le rein sont équipés de muscles puissants.

Le flanc : il est dépourvu de base osseuse et ne repose que sur des muscles.

Le ventre : il est compris entre la cage thoracique et le pubis. Il est en avant du membre postérieur et en dessous des flancs. Sa base n’est que musculaire.

La hanche ou plus exactement la pointe de la hanche : cette région est, chez toutes les espèces de mammifères, en saillie de chaque côté du bord antérieur de la croupe. Sa base osseuse est l’angle antéro-externe du bassin.

La croupe : elle est essentiellement constituée d’une masse musculaire importante qui recouvre les os postérieurs du bassin et l’articulation de la hanche.

Elle suit le rein sans transition apparente.

La queue : la queue du chien est une région très importune; elle intervient beaucoup dans la morphologie des races et elle est souvent, à tort, un point de repère pour reconnaître un chien.

Le membre antérieur. Plus ou moins intégré dans le profil général du corps du chien, surtout au niveau de l’épaule, le membre antérieur correspond au soutien de l'animal, le membre postérieur en étant le moteur.

L'épaule : c’est une région trapézoïdale limitée en avant par le cou, en arrière par les côtes, en haut par le garrot, en bas par le bras.

La pointe de l’épaule : elle correspond à l’articulation de l'omoplate et de l’humérus et elle est située en avant du sternum. La longueur de l’épaule se mesure de la pointe de l’épaule à l’angle supérieur du garrot.

Le bras : cette région succède à l’épaule et elle a pour base osseuse, l’humérus. Sa longueur est proportionnelle à celle de l’épaule.

Le coude : légèrement en arrière, il limite le bras inférieurement. Sa base ostéologique est formée par l’articulation de l’humérus avec le radius et le cubitus. L’avant-bras : il est compris entre le coude et le genou lequel correspond au poignet de l’homme.

Le genou : il s’agit du carpe et il correspond au poignet de l’homme. Il forme la charnière entre l’avant-bras et le canon antérieur. Toute déviation est une tare.

Le canon antérieur : il correspond à la région métacarpienne.

Le pied avant : il est composé de cinq doigts dont quatre seulement reposent sur le sol. Chaque doigt possède trois phalanges et un tubercule digital élastique et rond sur lequel il repose. A l’arrière de ces tubercules, se trouve un coussinet plantaire en forme de trèfle. La forme du pied peut être ronde chez certaines races (pieds de chat) ou plus allongée chez certaines races de course (pieds de lièvre).

Le membre postérieur. Le membre postérieur est encore plus intégré dans le profil général du corps que le membre antérieur, surtout en ce qui concerne ses premiers segments.

La cuisse : elle s’allonge au-devant du membre postérieur, au-dessous de la croupe, depuis la pointe de la hanche jusqu’au grasset.

La fesse : elle s’intégre et termine la cuisse vers l’arrière. Le bassin peut être visible à l’arrière et former la pointe de la fesse.

Le grasset : c’est l’équivalent anatomique du genou de l’homme. Il correspond à l’articulation fémoro-tibio- rotulienne. Un grand pli de peau part du grasset vers le ventre où il disparaît : c’est le pli du grasset.

La jambe : la jambe est la portion comprise entre le grasset, la cuisse et la fesse en haut, et le jarret en bas.

Le jarret : c’est l’équivalent du talon de l’homme soulevé du sol par la position digitigrade. Le chien repose sur le bout de ses orteils.

Le canon postérieur : il correspond à la région métatarsienne. Sa base osseuse est composée de quatre métatarsiens. Lorsque le chien est bien placé, sa direction doit être verticale par rapport au sol. C’est sur cette région que repose l’impulsion motrice du chien.

Le pied arrière : il est composé de quatre doigts. Chaque doigt possède trois phalanges et un tubercule digital ou pelote, sur lequel il repose.

A l’arrière de ces tubercules, se trouve un coussinet plantaire moins large qu’au pied avant.

A savoir : certaines races peuvent avoir un cinquième et même un sixième doigt embryonnaire sous forme d’ergots. Ils ne sont admis que chez les chiens beaucerons.

Les différents types de chiens

D'après les proportions générales du corps, on distingue quatre types de chiens :

Le type médioligne ou moyen, qui englobe une grande majorité de la population canine, du berger à l’épagneul -, le type bréviligne aux formes ramassées, tel le bouledogue ; le type longiligne aux formes très allongées, tel le lévrier; le type basset dont le corps est médioligne ou longiligne et les membres brévilignes, c’est le teckel.

Le prognathisme

Il s’agit du dépassement d’un maxillaire sur l’autre.

Le prognathisme supérieur — la mâchoire supérieure dépasse vers l’avant la mâchoire inférieure — est interdit quelles que soient les races.

Le prognathisme inférieur est admis chez différentes races au museau court : dogues, boxers, bouledogues, etc.