Les chiens

Les chiens et l'anatomie

L'anatomie

Comme pour la morphologie, la variabilité de l’espèce canine complique grandement l’étude de l’anatomie du chien, c’est-à-dire des structures de son corps.

Il faut donc se borner à étudier un schéma sans jamais oublier qu’il peut subir des modifications de détail pour telle ou telle race. Ces connaissances d’ordre général sont toutefois importantes : elles ont des conséquences pratiques pour tout ce qui concerne le régime alimentaire, la reproduction, la destination de votre chien, etc.

Le squelette. C’est la charpente de l’animal. Il se compose de deux cent soixante-deux à deux cent quatre-vingts os. Ce nombre varie en fonction du nombre des vertèbres coccygiennes qui varie lui-même entre quatre et vingt et un selon la longueur de la queue.

Au niveau de la tête : on compte vingt-huit os en ne considérant l’os hyoïde que pour un.

Il convient de mentionner dans le squelette de la tête la denture du chien pour grouper ensemble les os et leurs productions rationnelles.

Les dents du chien s’insèrent dans les maxillaires.

La denture de lait ne comporte que trente-deux dents selon la formule : incisives 3/3, canines 1/1, prémolaires 4/4.

La denture d’adulte comporte quarante-deux dents selon la formule : incisives 3/3, canines 1/1, prémolaires 4/4 et molaires 2/3.

Les incisives sont petites et trilobées. Les canines sont très développées, pointues et recourbées vers l’arrière : ce sont les crocs ou crochets. Les molaires sont groupées sous la dénomination arbitraire de prémolaires et de molaires en fonction d’une origine embryologique. En fait, elles sont divisées en deux catégories par deux dents particulières aux carnivores.

Au niveau de la colonne vertébrale : la colonne vertébrale se compose de sept vertèbres cervicales, de treize vertèbres dorsales, de sept vertèbres lombaires très allongées, de trois vertèbres sacrées constituant un sacrum soudé, d’une seule pièce, particulièrement court et coudé vers le bas, et de quatre à vingt et une ou vingt-trois vertèbres coccygiennes qui vont constituer l’armature de la queue.

Au niveau de la poitrine : on distingue huit ou neuf sternèbres (éléments du sternum) qui constituent le sternum, sur lesquelles s’articulent, plus ou moins, treize paires de côtes ; la dernière paire est souvent flottante.

Au niveau des membres antérieurs : on peut reconnaître une clavicule, une omoplate, un humérus dirigé vers l’arrière et incurvé en S, un radius et un cubitus formant l’avant-bras.

La pointe du coude qui a pour base l’extrémité supérieure du cubitus est très développée et très saillante chez le chien. Le carpe (ou genou) est constitué classiquement de sept os disposés en deux rangées, trois supérieurs et quatre inférieurs. Chez certains chiens, on constate la présence d’un os supplémentaire, l’os phacoïde. 11 y a cinq doigts à l’avant, donc cinq métacarpiens. Le doigt interne (ou pouce) ne possède qu’un métacarpien rudimentaire et deux phalanges; les quatre autres doigts possèdent chacun un métacarpien et trois phalanges.

Au niveau des membres postérieurs : le coxal (base osseuse du bassin) est horizontal. Le fémur est long et arqué. Il existe deux os qui n’existent pas chez l’homme, ce sont les petits sésamoïdes; ils sont situés à l’arrière du grasset. Le tibia est légèrement incurvé. Le péroné est réduit à un stylet. La rotule est allongée. Le tarse comprend sept os répartis en deux rangées de deux et cinq os. Les doigts sont semblables à ceux du membre antérieur mais il n’en existe que quatre au membre postérieur.

Les chiens dingos

L’os pénien : le chien mâle possède un os particulier inséré dans le corps caverneux de son pénis; c’est l’os pénien; il a la forme d’une gouttière.

Les muscles et les articulations. Les muscles du chien en bonne santé ont une couleur rouge foncée et leurs aponévroses (tendons plats) qui les insèrent sur les os ne sont pas très grandes. La graisse est fluide.

Il faut mentionner particulièrement :

- les muscles situés dans la région de l’oreille qui confèrent à celle-ci une très grande mobilité ;

- les muscles de la paroi abdominale qui se rejoignent sous le ventre, c’est la ligne blanche, région d’accès de beaucoup d’interventions chirurgicales ;

- les muscles de la queue qui possèdent une force particulière chez les races à queue importante ;

- les articulations, particulièrement souples, permettent des flexions et des mouvements très étendus, même au niveau de l’axe vertébral.

L'appareil respiratoire. Il est particulièrement bien équilibré chez toutes les espèces quoique plus développé chez les races sportives que chez les races très sédentaires.

Au niveau du nez : l’appareil respiratoire commence par des fosses nasales qui succèdent aux narines étroites et qui ont la forme de virgules inversées. Les fosses nasales sont presque entièrement occupées par des cornets volumineux. La muqueuse olfactive, brune, s’étend considérablement en se prolongeant sur toute la surface du labyrinthe olfactif situé dans un os du crâne : l’ethnoïde. Cette disposition et son étendue sont particulières au chien et expliquent sa physiologie et une part de sa psychologie.

Au niveau du larynx : l’appareil respiratoire est constitué par sept cartilages. Les cordes vocales sont précédées par une seconde paire de fausses cordes vocales.

La trachée-artère : elle est bien nette et bien sensible à l’avant, surtout chez les races longilignes. Elle est aplatie et comprend entre quarante et quarante-cinq anneaux cartilagineux.

Les poumons : chez le chien, ils sont bien développés, surtout chez les races sportives. Ils sont divisés en lobes par des scissures plus profondes que chez l’homme, mais moins profondes que chez le chat. On reconnaît aisément ainsi trois lobes à gauche et quatre lobes à droite. Le poumon gauche a le même volume que le poumon droit.

L'appareil circulatoire. Il est assez semblable à celui de l’homme puisque, outre le schéma commun à toutes les espèces animales, il est complété par un système lymphatique composé de ganglions et de vaisseaux.

Le cœur . Il est, chez le chien, très gros, et par rapport à son corps, et proportionnellement au cœur de l’homme. Presque couché sur le sternum, sa pointe est dirigée vers l’arrière ; il est situé entre le deuxième et le septième espace intercostal. Alors que chez l’homme il est à gauche, chez le chien il est en position presque médiane.

Les vaisseaux artériels : ils présentent, comme chez les autres espèces, des artères pulmonaires et une artère aorte.

Les chiens dressés

Les vaisseaux veineux : ils ramènent le sang vers le cœur ; les veines pulmonaires pour la petite circulation, la veine cave antérieure pour le sang de la partie antérieure du chien, la veine cave postérieure pour la partie postérieure et la veine azygos pour les parois thoraciques et lombaires.

L'appareil digestif. Les différentes portions qui composent l’appareil digestif du chien offrent des différences sensibles avec celui des autres mammifères et expliquent sa classification dans l’ordre des carnivores.

Il faut inclure, dans la description de l’appareil digestif, les glandes abdominales annexes : foie, pancréas et rate.

La bouche : à part les dents, très particulières, elle présente une langue mince et longue, à l’extrémité arrondie et très souple, qui peut remonter très haut sur les babines. Elle est pourvue de papilles caliciformes disposées en V. Les glandes salivaires sont au nombre de cinq de chaque côté.

L’œsophage : il est très long et particulièrement dilatable ce qui permet au chien la déglutition de morceaux volumineux.

L’estomac : c’est la partie la plus importante et la plus vaste du tube digestif. Il a la forme d’une vaste poire allongée.

L’intestin : c’est une portion très courte et de faible volume. Il est inégal dans son diamètre et dans la longueur de ses segments. L’intestin grêle mesure quatre mètres environ et le gros intestin, proportionnellement très court, est d’environ un mètre.

Le gros intestin possède, à son origine, un cæcum relativement important, contourné comme une crosse et spiralé. Il peut atteindre une dizaine de centimètres.

Le rectum est très court et débouche sur l’anus dans l’épaisseur duquel s’ouvre l’orifice de deux glandes caractéristiques des carnivores : ce sont les glandes anales. Elles sécrètent un liquide nauséabond dont l’odeur et la reconnaissance ont pour les chiens une signification particulière.

Le foie : il est, chez le chien, particulièrement volumineux. Il recouvre presque complètement le diaphragme et peut atteindre l’ombilic sur la paroi inférieure du ventre.

II présente six lobes, d’importance inégale, mais bien séparés par des sillons profonds.

Le pancréas : il est formé d'une bande étroite et longue, divisée arbitrairement en deux branches.

La rate : elle n’a aucune fonction digestive. Seule sa proximité avec l’estomac et surtout avec le pancréas la lie à eux. Elle est étroite et coudée vers le bas.

Le système urinaire. La vessie du chien est d’une capacité assez limitée et proportionnellement bien inférieure à celle du chat.

Les reins : ils sont situés sous les lombes. Le rein droit est très en avant, le rein gauche est plus en arrière, légèrement plus bas que l’autre et flottant. Le rein droit s’imprime dans le foie en formant une dépression.

Les reins ont une forme de haricot régulièrement arrondi et sans lobe.

La vessie : relativement petite et ronde, elle se continue par un urètre.

Le système génital du chien. Il est très caractéristique et bien protégé. Au repos, le pénis est enfermé dans un fourreau très charnu et poilu.

Les testicules : ils sont situés entre les cuisses et sont relativement distants de l’anus. Ils sont arrondis et le testicule gauche est, en général, situé légèrement en avant du droit.

Le pénis : il débute entre les cuisses et est dirigé vers l’avant. Il est relativement court, grêle et pointu. Il est renforcé intérieurement par un os en gouttière qui abrite l’urètre : l'os pénien. Le gland possède deux renflements, les bulbes, qui peuvent atteindre un volume considérable au moment de l’érection et assurent la coaptation du mâle et de la femelle.

Le système génital de la chienne. Il est très développé chez toutes les espèces. Seul le nombre des mamelles et de leurs orifices peut varier d’une race à l’autre et parfois même d’un individu à l’autre.

Les ovaires : ce sont des glandes ovoïdes placées à proximité des reins ; l’ovaire droit est plus en avant que l’ovaire gauche. Leur couleur est variable selon l’état génital. Ils sont de la taille d’un haricot enfermé dans une bourse oxalique chargée de graisse.

L'utérus . L’utérus est abdominal et non pelvien. Le corps utérin est très court (trois à quatre centimètres) et sans importance par rapport aux cornes utérines qui sont presque aussi larges que le corps et qui mesurent de quinze à vingt centimètres de long. Le corps utérin débouche dans le vagin au sommet d’un cône. Le vagin est très long et légèrement coudé.

La vulve est vaste et dessinée en cœur. Elle est glabre et charnue. L’hymen est très réduit chez la chienne. Le clitoris se trouve en partie inférieure à cause de la station quadripétale et il est dissimulé dans un repli muqueux important.

Les mamelles ; elles sont au nombre de huit ou dix.

Le système nerveux : le rapport poids du corps-poids du cerveau n'est pas très favorable au chien qui est, dans ce domaine, dépassé par de nombreuses espèces animales.

Le cerveau ou encéphale : son poids est variable selon les races ; il est en moyenne de quatre-vingt-dix grammes, mais peut varier entre trente et cent cinquante grammes.

La moelle épinière : elle est cylindrique. Elle présente un renflement cervical et un renflement lombaire. Elle pèse de six à vingt-cinq grammes selon les races.

Les méninges : elles sont au nombre de trois; la dure-mère, l’arachnoïde et la pie-mère.

Les nerfs : ils sont constitués par douze paires de nerfs crâniens et trente-six ou trente-huit paires de nerfs rachidiens.

Le système sympathique : il se compose classiquement du système sympathique et du système parasympathique.

La peau et les revêtements cutanés. Si la contexture et la couleur du pelage sont d’une diversité considérable d’une race à l’autre, et parfois même à l’intérieur d’une même race, la structure de la peau et de ses revêtements est commune à toutes les espèces.

La peau : chez le chien, elle est dépourvue de glandes sudoripares et la sécrétion de sueur n’existe pas, sauf sous les coussinets plantaires qui en sont pourvus. La peau est en général pigmentée.

Le poil : il recouvre tout le corps et peut être accompagné d’un sous-poil plus laineux.

Les ongles : ils forment autour de la dernière phalange un étui corné complet. Les griffes sont blanches ou noires.

Les coussinets plantaires et les tubercules digités : ce sont des productions élastiques recouvertes par une peau épaisse, dure, rugueuse et sans poil.

Les organes des sens. Très avantagé dans le domaine de l’odorat et de l’ouïe, le chien l’est moins en ce qui concerne la vue.

Les yeux : les yeux du chien sont globuleux et enfoncés dans les orbites. Ils ont une pupille ronde. L’iris est, en général, colorée et foncée.

Les oreilles : elles sont cartilagineuses dans leur portion externe, mais dressées, molles ou cassées selon l’épaisseur et la teneur en calcium du cartilage constitutif de l’oreille.

Le nez : il est variable selon les espèces.

Le toucher : il se situe au niveau des coussinets plantaires, de la truffe, des vibrisses et de la peau.

Le goût : la langue possède des papilles caliciformes et filiformes semblables à celles de l’homme.